Le 8 octobre 2026, LVMH et Kering ont renforcé leur charte commune sur le respect et la protection des mannequins, un texte né en 2017. L'annonce, publiée par LVMH et relayée par FashionUnited, est tombée un jeudi, juste après la Fashion Week femme printemps-été de Paris. Pour la lectrice qui regarde défilés et campagnes, une question domine : qu'est-ce qui va réellement changer dans ce qu'elle verra ?
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E.mistyle vous propose de lire ce document en trois plans : le texte, le silence, l'image. Ce qui est écrit noir sur blanc, ce qui n'y figure pas, et ce que l'ensemble produit sur un podium ou une affiche.
Ce que la charte renforcée change vraiment
La charte renforcée change surtout l'âge des mannequins, l'encadrement des séances de travail et le contrôle sur place, pas la morphologie. L'âge minimum passe à 18 ans pour représenter des adultes en défilé ou en séance photo. Pour LVMH, c'est une hausse par rapport au seuil de 16 ans fixé en 2017 ; Kering avait déjà relevé le sien à 18 ans en 2019.
Le groupe affiche une « tolérance zéro à l'égard de toute forme de harcèlement, d'abus ou de violence ». Concrètement, le texte prévoit des formations pour les Maisons, les agences et les équipes de casting, de défilé et de shooting, ainsi que des « contrôles et audits inopinés sur les lieux de travail ». La nudité et la semi-nudité sont davantage encadrées : accord préalable et formel, espace réservé, impossibilité de rester seul·e avec un membre de la production. La procédure de signalement garantit l'anonymat et la protection des témoins.

Calendrier : ces règles s'appliquent dès la Fashion Week de Paris 2027, en complément du dispositif de 2017, précise l'annonce reprise par Fibre2Fashion. Le tableau ci-dessous sépare ce qui bouge de ce qui reste.
| Mesure | Statut en 2026 | Repère |
|---|---|---|
| Âge minimum (adultes) | Relevé | 18 ans, contre 16 ans chez LVMH |
| Nudité, semi-nudité | Encadrement renforcé | Accord préalable et formel |
| Contrôles | Nouveaux | Audits inopinés sur place |
| Signalement | Précisé | Anonymat, témoins protégés |
| Taille minimale | Aucune nouvelle règle | 34 femmes, 44 hommes (2017) |
Ce que la charte ne dit pas : la taille
Le renforcement de 2026 ne contient aucune nouvelle règle de taille ou de poids : le seul repère chiffré reste celui de 2017. Rendue publique le 6 septembre 2017, la première charte bannissait les tailles inférieures au 34 français pour les femmes et au 44 pour les hommes, rapportaient alors France 24 et franceinfo. Elle exigeait aussi un certificat médical de moins de six mois, quand la loi française en acceptait un datant de deux ans.
L'annonce de 2026 ne modifie ni ne commente ce plancher. La seule phrase qui touche à l'apparence demande que la sélection respecte la diversité des talents « sans véhiculer de stéréotypes », dans le respect de la liberté artistique de chaque Maison. C'est une intention qualitative, pas un seuil mesurable.
Une charte peut fixer un âge à l'année près ; elle ne fixe pas une silhouette.
Si la question revient cette saison, c'est aussi parce qu'elle a été posée publiquement. Selon Le Figaro, repris par Titres Presse, la chroniqueuse Sophie Fontanel a dénoncé sur Instagram l'ultra-maigreur de la plupart des mannequins de la dernière Fashion Week de Paris. Ce témoignage reste un propos rapporté par une source unique, et aucun lien n'est établi avec la décision des deux groupes. Il montre surtout un décalage : le débat public porte sur la silhouette, le texte porte sur les conditions de travail.

Ce que cela implique pour les images que vous verrez
À partir de 2027, les défilés et campagnes des Maisons signataires devront être produits avec des mannequins majeurs et dans un cadre contrôlé, sans que la charte garantisse pour autant des silhouettes différentes. Une bonne part de ce qui change se passe donc hors champ, dans les coulisses : le contrat, la loge, la présence d'un tiers pendant une séance dénudée.
À l'écran, l'âge ne se lit pas toujours, et le respect d'un protocole jamais. Ce qui reste observable, saison après saison, c'est le casting. Trois questions simples permettent de lire un défilé avec précision :
- Les silhouettes varient-elles d'un passage à l'autre, ou se ressemblent-elles toutes ?
- Les vêtements tombent-ils différemment selon la morphologie, ou sur un seul gabarit ?
- La campagne qui suit reprend-elle cette diversité, ou la resserre-t-elle ?

Ces observations ne disent rien de la santé de quiconque et n'ont pas vocation à le faire. Elles mesurent seulement ce que la charte promet sur la sélection, la seule clause visible depuis le premier rang comme depuis votre écran.
Questions fréquentes
Quel est l'âge minimum pour être mannequin chez LVMH et Kering ?
Depuis le renforcement annoncé le 8 octobre 2026, il faut avoir 18 ans pour représenter des adultes en défilé ou en séance photo. LVMH appliquait jusque-là un seuil de 16 ans, fixé en 2017. Kering était déjà passé à 18 ans en 2019.
Quand la nouvelle charte LVMH Kering entre-t-elle en vigueur ?
Les règles renforcées s'appliquent dès la prochaine Fashion Week de Paris, en 2027. Elles complètent le dispositif de 2017 sans le remplacer.
Quelle est la taille minimale des mannequins dans la charte LVMH Kering ?
Le seul repère chiffré date de 2017 : pas de taille inférieure au 34 français pour les femmes, ni au 44 pour les hommes. L'annonce de 2026 n'ajoute aucune règle de taille ou de poids.
Que prévoit la charte pour les séances photo avec nudité ?
La nudité et la semi-nudité exigent désormais un accord préalable et formel, un espace réservé, et le ou la mannequin ne peut pas rester seul·e avec un membre de la production. Des audits inopinés sur les lieux de travail sont également prévus.