La créatrice chinoise Yui Chen a remporté le Grand Prix du jury Mode de la 41e édition du Festival International de Mode, de Photographie et d'Accessoires de Hyères, samedi 17 octobre 2026, lors de la cérémonie tenue de 14 heures à 16 heures à la Villa Noailles. Le jury était présidé par Chemena Kamali, directrice artistique de Chloé, et c'est la première fois qu'une créatrice chinoise décroche cette distinction, comme l'a relevé FashionUnited. Le palmarès a circulé en vingt-quatre heures. Ce qui a moins circulé, c'est la façon dont sa collection « Food Cover » est construite, et ce que cette construction apprend sur un vêtement que l'on porte vraiment.
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Food Cover part d'une cloche à aliments, pas d'une silhouette
La collection lauréate s'inspire de la structure des cloches à aliments : le vêtement y est pensé comme une enveloppe posée autour du corps, et non comme une seconde peau. WWD détaille le vocabulaire employé : volumes architecturés, transparences superposées, matières expérimentales, avec des chaînes tricotées, du latex brodé, des trenchs gonflables, du cuir recyclé qu'on apprend à reconnaître comme du vrai cuir en boutique, et un manteau couvert de nœuds. Chacun de ces éléments répond à une logique de couvercle : il y a l'air entre le tissu et la peau, et c'est cet air qui dessine la ligne.
Cette logique change la lecture habituelle d'un défilé de concours. On ne regarde plus d'abord la coupe au corps, mais la distance entre le corps et l'étoffe. Un trench gonflable tient parce qu'il est pressurisé, pas parce qu'il est entoilé. Un latex brodé tient parce que la broderie rigidifie une matière qui, seule, s'affaisserait. Le même média cite aussi un cuir recyclé, matière lourde qui impose une structure plus franche.

Un volume gonflé ne cache pas le corps, il décide de la distance à laquelle on le regarde.
Coque, voile, attache : la grille pour traduire ces volumes
Pour rendre cette collection lisible côté garde-robe, la décomposition la plus utile tient en trois gestes de coupe seulement : la coque, le voile, l'attache. La coque, c'est le volume qui ne touche pas le corps, et c'est le rôle des trenchs gonflables. Le voile, c'est la couche translucide superposée à une couche opaque, et c'est le rôle des transparences et du latex brodé. L'attache, c'est le point qui reprend tout le reste, et c'est le rôle des nœuds et des chaînes tricotées.
L'intérêt de cette grille est qu'elle fonctionne hors podium. Un vêtement de tous les jours peut emprunter un geste, rarement les trois : une coque demande une attache, jamais deux. Le tableau ci-dessous met en regard les matières citées dans la presse et le geste correspondant.
| Geste de coupe | Matière citée | Traduction portable |
|---|---|---|
| Coque | Trench gonflable, cuir recyclé | Manteau large, épaule posée, bas net |
| Voile | Latex brodé, transparences superposées | Chemise translucide sur maille opaque |
| Attache | Chaînes tricotées, manteau de nœuds | Ceinture ou nœud qui marque la taille |

Ce qui se traduit dans une garde-robe réelle
Trois choses passent du podium à la rue : le volume en coque, la superposition translucide et le point d'attache. Le reste relève de la recherche de concours. Côté coque, la condition est connue des coupes amples : le bas doit rester net et sec, misant sur la coupe droite du pantalon ou sur une jupe droite, sinon le volume se répète et la silhouette se tasse. L'épaule sert de point d'appui, le tissu descend ensuite sans être retenu.
Côté voile, la règle est celle de la couche inférieure. Une matière translucide ne se lit que posée sur un fond opaque et plus mat : la différence de surface, et non la couleur, est ce qui rend la superposition visible. Dans la collection, le latex brodé joue ce double jeu, brillant et structuré à la fois.
Côté attache, un seul point suffit. Nœud à la taille, chaîne portée en ceinture, lien qui ferme un col : l'attache fixe la lecture du volume et empêche l'ensemble de flotter. Multipliée, elle devient costume de scène, et c'est précisément la frontière que la collection explore.

Reste la suite, qui ne dépend plus de la coupe. Le Grand Prix du jury Mode ouvre droit à un accompagnement images de 50 000 € et à un soutien de 20 000 € pour l'ennoblissement textile, offert par Serge, des Teintures de France, selon Presse Agence. Pour une créatrice dont le travail repose sur la teinture d'un vêtement, l'apprêt et la tenue des matières, ce second poste est le plus structurant des deux.
Questions fréquentes
Qui a gagné le Festival de Hyères 2026 ?
La créatrice chinoise Yui Chen a remporté le Grand Prix du jury Mode de la 41e édition, lors de la cérémonie du samedi 17 octobre 2026 à la Villa Noailles. Elle est la première créatrice chinoise distinguée par ce prix. Le jury Mode était présidé par Chemena Kamali, directrice artistique de Chloé.
Qu'est-ce que la collection Food Cover de Yui Chen ?
« Food Cover » est la collection lauréate du concours Mode 2026. Elle s'inspire de la structure des cloches à aliments et travaille des volumes architecturés ainsi que des transparences superposées. Le vêtement y est construit comme une enveloppe tenue à distance du corps.
Quelles matières Yui Chen utilise-t-elle ?
La collection associe des chaînes tricotées, du latex brodé, des trenchs gonflables, du cuir recyclé et un manteau couvert de nœuds. Ces matières partagent une même fonction : tenir un volume sans entoilage classique. La rigidité vient de la broderie, de l'air ou du poids de la peau.
Comment porter un volume ample sans se tasser ?
Un vêtement en volume se porte avec un bas droit et étroit, pour qu'une seule ampleur soit visible dans la silhouette. L'épaule doit rester le point d'appui, et un point d'attache unique à la taille suffit à fixer la ligne. Deux volumes superposés annulent l'effet.