La robe fuchsia de Matières Fécales, leçon de style au-delà du genre
Une couverture de Dazed remet en lumière la maison parisienne Matières Fécales et sa mode sans genre : de quoi transposer robe fuchsia, escarpins nude et perles cet automne.
Le 27 août 2026, le magazine britannique Dazed a dévoilé la couverture de son numéro « New Idols » automne 2026, photographiée dans les rues de Paris par Shahram Saadat. Le visage de couverture, âgé de 15 ans, porte une robe longue à manches fuchsia signée Matières Fécales, associée à des escarpins nude à talons aiguilles et à des bijoux de perles. L'image a beaucoup circulé pour l'identité du modèle. Elle mérite pourtant d'être regardée pour ce qu'elle montre vraiment : une maison de mode et une façon de penser le vêtement qui dépasse largement ce shooting.
Une maison montréalaise devenue référence parisienne
Matières Fécales a été fondée à Montréal par Steven Raj Bhaskaran et Hannah Rose Dalton. La maison est aujourd'hui basée à Paris. Selon La Presse et Radio-Canada, sa popularité « atteint Hollywood » : elle a habillé Zendaya, Kylie Jenner et Lady Gaga, trois silhouettes que tout sépare en matière de style habituel, et c'est précisément ce qui définit la griffe. Là où beaucoup de labels genderless se contentent d'un vestiaire neutre, oversize, aux couleurs sourdes, Matières Fécales prend le parti inverse : des couleurs franches, des matières qui brillent, des accessoires traditionnellement codés féminins, portés sans distinction de qui les porte.
Ce que dit la robe fuchsia
Sur la couverture de Dazed, la démonstration est nette. La robe longue à manches installe une silhouette fluide et couvrante, aux antipodes du vestiaire court qu'on associe souvent, à tort, au genderless. Les escarpins nude à talons aiguilles reprennent un code très classique du soulier féminin, dans une teinte volontairement neutre qui l'universalise plutôt qu'elle ne le genre. Les bijoux de perles achèvent la silhouette sans jouer la carte du bijou statement : ce sont des pièces qu'on associerait, dans un vestiaire plus convenu, à une garde-robe transmise plutôt qu'à un total look de créateur. Ensemble, ces trois éléments, robe, escarpins, perles, n'ont pas besoin de choquer : ils empruntent des pièces reconnaissables et en redistribuent l'usage.

Le vêtement sans genre ne supprime pas les codes, il les redistribue.
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Trois pistes pour cet automne
Pas besoin d'une robe de podium pour s'inspirer de cette proposition. Trois éléments du look se transposent facilement dans une garde-robe existante, quel que soit le genre de qui les porte.
- Le fuchsia en pièce unique : un pull, une chemise ou un manteau dans cette teinte, associé au reste du vestiaire en neutres (noir, beige, gris), suffit à faire passer la couleur sans excès.
- L'escarpin nude comme basique : sa teinte proche de la peau le rend compatible avec des looks très différents, du tailleur au jean, sans jamais couper la ligne de la jambe.
- La perle comme accessoire mixte : un collier ras-de-cou ou des boucles d'oreilles en perles, portés sur un vestiaire par ailleurs sobre, suffisent à évoquer l'idée d'un bijou détaché de tout genre assigné.
Cette lecture pièce par pièce est aussi la manière la plus honnête d'aborder une tendance née sur un podium ou une couverture de magazine : non pas la copier telle quelle, mais identifier ce qui, dans la proposition, tient à la couleur, à la matière et à la silhouette, et qui reste transposable une fois sorti du shooting. À l'approche de l'automne, la robe fuchsia de Matières Fécales fonctionne moins comme un vêtement à reproduire que comme une démonstration de style à décomposer, pièce par pièce, dans un vestiaire ordinaire.